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PHYTOPROTECTION 2009 (90) : 1 – 2

Note du rédacteur en chef
Daniel Dostaler
PHYTOPROTECTION 90 : 1-2

[Note from the Editor]

La Société de protection des plantes du Québec (SPPQ) et le Comité de rédaction de Phytoprotection tiennent à exprimer toute leur reconnaissance au Dr Danny Rioux (chercheur scientifique, Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts; président de la SPPQ en 2003-2004) qui a brillamment dirigé la revue à titre de rédacteur en chef durant près de cinq ans. Du premier numéro du volume 86 (2005) au numéro 89 (1) publié en février 2009, voire dans le présent numéro, le Dr Rioux a supervisé la révision de 90 manuscrits, dont près d’une cinquantaine ont été publiés. Ont aussi paru sous sa direction sept textes de conférences, trois forums, un hommage, un profil scientifique, une note historique, 14 nouvelles avancées et 93 résumés de communications scientifiques présentées lors d’assemblées annuelles et de symposiums.

La somme de travail consacrée à cette fonction et la qualité des publications durant cette période sont à l’image de l’attitude et de l’engagement hors du commun du Dr Rioux à la direction de notre revue. Ce dernier était assisté de rédacteurs associés et de personnes de conviction, dédiées et passionnées, notamment Christine Jean (rédactrice technique), Isabelle Lamarre (adjointe technique), Marie Simard (secrétaire) et Richard Hogue (trésorier). La SPPQ et Phytoprotection doivent une fière chandelle au Dr Rioux et à son équipe pour tout le travail accompli. Au nom de tous les membres de la Société, du comité de rédaction et de tous les chercheurs qui lui ont soumis des manuscrits, je tiens à exprimer au Dr Rioux notre plus profonde gratitude.

Phytoprotection, la revue officielle de notre Société, offre la possibilité de publier en français et en anglais des résultats de recherches menées tant en agriculture qu’en foresterie dans les domaines de la phytopathologie, de l’entomologie, de la malherbologie, de la nématologie et des stress abiotiques. Le site de la revue Phytoprotection, tout à l’initiative de notre webmestre Daniel Cloutier, a été entièrement refait récemment [disponible à www.phytoprotection.ca]. Vous êtes invités à y prendre connaissance, à la page « Note de la rédaction », de la description et du contenu des rubriques Forum, Profil scientifique, Nouvelles avancées, Technologies émergentes, Notes en protection des plantes et Minisynthèses. Ces descriptions apparaissent également dans certains numéros antérieurs, en particulier dans les trois numéros du volume 85 (2004). Dans le présent numéro, nous publions une première minisynthèse (Anne Légère, Phytoprotection 90 : 5-11). En plus des articles scientifiques, nous recommandons aux auteurs et aux membres de la Société de considérer particulièrement la publication de Notes en protection des plantes sur la recrudescence et l’introduction de nouveaux ennemis des plantes. De même, les étudiants chercheurs sont invités à publier la revue de littérature de leurs mémoires et thèses ainsi que leurs résultats de recherche. Si vous avez apprécié la supervision de votre directeur de recherche, vous saurez apprécier la rigueur et la qualité de mentorat de nos rédacteurs associés auprès des nouveaux chercheurs.

La Société de protection des plantes du Québec a 100 ans. Le numéro 89 (2-3) du centenaire en constitue un témoignage éloquent et durable. Lancée en 1963 et succédant aux Rapports annuels publiés depuis 1909 (Rioux et Simard, 2008. Phytoprotection 89 : 115-118), notre revue franchira bientôt le cap des 50 ans. En 1963, l’objectif initial lors de la création de Phytoprotection était de publier plus d’une fois par année les résultats de recherche des membres. Cet objectif se heurte toujours au fait qu’au C

PHYTOPROTECTION 2009 (90) : 3 – 3

Research Breakthroughs
Daniel Dostaler

PHYTOPROTECTION 90 : 3-3

[Nouvelles avancées]

Formation d’oospores par le Phytophthora infestans facilitée par de lentes, graduelles et longues épidémies de la brûlure tardive de la pomme de terre

La reproduction sexuée reliée à la présence des deux types sexués A1 et A2 de l’oomycète hétérothallique Phytophthora infestans, l’agent responsable de la brûlure tardive de la pomme de terre, et ses effets sur l’épidémiologie et la répression de la maladie ne sont pas bien compris. De nouveaux génotypes du P. infestans (ex. les lignées US-8, de type A2, très pathogènes sur le feuillage et les tubercules de pomme de terre et résistantes au métalaxyl) représentent une menace plus grande que le précédent type sexué dominant A1 (Fry and Goodwin 1997). Dans la vallée de Toluca, au Mexique, Romero-Montes et al. (2008) ont montré que les oospores peuvent se former dans les feuilles de pomme de terre en conditions naturelles et que la formation d’oospores est facilitée par de lentes, graduelles et longues épidémies soutenues par des conditions météorologiques favorables (précipitations) et l’application de fongicides à doses réduites, sans égard pour la résistance de l’hôte. Des épidémies ont été examinées par analyse multivariable. L’intensité initiale de maladie (Y0), la durée totale de l’épidémie (Tt) et le taux apparent d’infection (b-1) ont le mieux expliqué les épidémies. Un premier groupement d’épidémies courtes et fulgurantes montrait peu de folioles avec des oospores et moins d’oospores par foliole. Un autre groupement d’épidémies marquées par une très faible intensité initiale de maladie, un développement hâtif et une durée prolongée d’une intensité modérée présentait le plus grand nombre de folioles avec oospores. Ce groupement présentait les plus longues durées totales d’épidémie (Tt = 57 j) comparativement à trois autres groupements (Tt = 29-50 j). Un traitement à demi-dose de fongicide chez un cultivar sensible (Alpha) de même qu’un traitement sans fongicide chez un cultivar résistant (Zafiro) étaient inclus dans ce groupement à forte production d’oospores; aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les deux cultivars. En conclusion, la formation d’oospores reposerait davantage sur les précipitations et sur un contexte favorable aux épidémies lentes que sur le génotype de pomme de terre.

PHYTOPROTECTION 2009 (90) : 13 – 18

Seasonal variation in Blueberry scorch virus concentration in highbush blueberry and implications for disease monitoring and management
David A. Raworth and Sneh Mathur

PHYTOPROTECTION 90 : 13-18

[Variations saisonnières dans la concentration du virus de la brunissure nécrotique du bleuet chez le bleuetier géant et implications pour le suivi et la gestion de cette maladie]

Les variations saisonnières dans la concentration relative du virus de la brunissure nécrotique du bleuet (Blueberry scorch virus; BlScV) ont été déterminées pour trois cultivars infectés du bleuetier géant, Vaccinium corymbosum, dans un champ commercial du sud-ouest de la Colombie-Britannique, Canada. La concentration relative du virus par g de grappes de fleurs et de tissu terminal de feuille infectés a varié au cours de la saison, avec des interactions significatives entre les cultivars et le temps. Les grappes de fleurs avaient la plus haute concentration du virus par g de tissu et pouvaient être cueillies au début de mai pour évaluer la maladie. Le moment choisi pour la collecte des échantillons de feuille pour l’étude du BlScV, les études de transmission et le traitement du virus devrait se fonder sur des études de variation temporelle dans la concentration du BlScV pour les principaux cultivars d’une zone de production.

Mots clés : concentration virale, bleuetier géant, test ELISA sandwich, virus de la brunissure nécrotique du bleuet.

PHYTOPROTECTION 2009 (90) : 5 – 11

La malherbologie au coeur des enjeux du XXIe siècle1
Anne Légère
PHYTOPROTECTION 90 : 5-11

[Weed science at the core of 21st century issues]

Ce texte a pour objectif de cerner la dimension malherbologique de nombreux enjeux contemporains, agricoles et autres, alors que paradoxalement les ressources scientifiques et techniques dans cette discipline se font de plus en plus rares. L’adoption récente des cultures transgéniques résistantes aux herbicides a permis de caractériser les problèmes agroécologiques associés aux flux géniques et à la persistance de transgènes dans l’environnement. Les questions concernant les cultures transgéniques de deuxième génération restent cependant sans réponses. Les changements climatiques qui affectent les zones d’adaptabilité et la croissance des cultures modifient aussi celles des plantes nuisibles. Des adventices notoires bénéficient déjà de l’accroissement des concentrations atmosphériques d’ozone et de CO2. En contrepartie, des espèces nuisibles sont pressenties comme sources de biocarburants et de nouvelles cultures malgré une connaissance incomplète des conséquences de leur mise en culture. On tente aussi de reconnaître la contribution de certaines mauvaises herbes à la biodiversité malgré une compréhension fort partielle des relations entre les mauvaises herbes et les autres organismes de l’écosystème agricole. La connaissance des plantes « nuisibles » revêt plus que jamais une importance stratégique, ces plantes étant au coeur de secteurs névralgiques, économiques et environnementaux.

Mots clés : biocarburant, changements climatiques, culture résistante aux herbicides, mauvaise herbe,
OGM, organisme génétiquement modifié, plante envahissante, plante nuisible.

PHYTOPROTECTION 2009 (89) : 16 – 18

Symposium: Spores, toxines et allergènes des espèces nuisibles – les risques pour la santé humaine
Various authors
PHYTOPROTECTION 89 : 16-18

[Symposium: Spores, toxins and allergens of plant pests – Risks for human health]

Mildiou et pomme de terre (Solanum tuberosum) biologique : de la bouillie bordelaise aux alternatives
P. Audy. Centre de recherche sur les sols et les grandes cultures, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Québec (Québec), Canada G1V 2J3

La production de pomme de terre représente un important secteur agricole au Canada et dans plusieurs pays. Elle est toutefois exigeante et demande de nombreuses interventions au cours de la saison pour le contrôle du mildiou de la pomme de terre. Depuis quelques années, on assiste à l’expansion significative du secteur de la production biologique, principalement en raison des préoccupations des consommateurs envers les impacts environnementaux des pesticides chimiques et leurs conséquences sur la qualité des aliments. Tout comme en système de production classique, le contrôle du mildiou de la pomme de terre causé par le Phytophthora infestans s’avère le défi le plus important des producteurs de pomme de terre biologiques. Quand les conditions sont favorables, les foyers d’infection peuvent apparaître rapidement et lamaladie peut se répandre à une vitesse foudroyante à l’ensemble des superficies cultivées. Les producteurs biologiques ont longtemps compté sur les produits à base de cuivre pour lutter contre cette maladie, mais depuis quelques années, les inquiétudes en rapport à l’accumulation de cuivre et ses effets toxiques sur l’écosystème ont encouragé le développement des méthodes alternatives. En quoi consistent ces méthodes et quelle est leur charge environnementale en comparaison aux interventions classiques?


Microorganismes pathogènes pour l’humain dans l’environnement agricole : impact sur la salubrité des fruits et légumes
C. Côté. Institut de recherche et de développement en agroenvironnement, Saint-Hyacinthe (Québec), Canada J2S 7B8

La salubrité est devenue un enjeu majeur de la mise en marché des fruits et légumes au Québec et ailleurs dans le monde. Les fumiers et l’eau d’irrigation font partie des intrants faisant l’objet de préoccupations. De façon générale, les populations demicroorganismes entériques introduits dans l’environnement agricole suivent une décroissance exponentielle en fonction du temps. Deux stratégies contribuent à réduire le risque de contamination des récoltes : réduire la charge initiale de microorganismes potentiellement pathogènes pour l’homme et/ou augmenter le délai entre l’irrigation/les épandages et la récolte. Des projets ont été réalisés afin de préciser la persistance de microorganismes indicateurs (ex. : E. coli) et pathogènes (ex. : Salmonella spp.) provenant des fumiers et de l’eau d’irrigation dans le sol et les cultures. À la suite de l’épandage d’un lisier de porc ayant un contenu élevé en E. coli, le délai requis pour que les populations bactériennes redeviennent nulles dans le sol peut atteindre 100 j. La survie maximale de Salmonella spp. observée dans le sol de surface a atteint 54 j. Le contenu de l’eau en E. coli et la date d’irrigation ont un impact souvent statistiquement significatif sur la probabilité de détecter la bactérie sur des cultures telles que la laitue, le brocoli et le chou-fleur. Certaines stratégies permettent d’assainir l’eau d’irrigation et les fumiers avant leur application au champ pour les situations où le délai sécuritaire ne peut être respecté.

Prévalence des manifestations allergiques associées à l’herbe à poux chez les jeunes Montréalais
L. Jacques1,2,3, S. Goudreau1, C. Pla