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PHYTOPROTECTION 2012 (92) : 1 – 23

Stimulateurs des défenses naturelles des plantes : une nouvelle stratégie phytosanitaire dans un contexte d’écoproduction durable. I. Principes de la résistance induite
Nicole Benhamou and Patrice Rey
PHYTOPROTECTION 92 : 1-23

[Elicitors of natural plant defense mechanisms: a new management strategy in the context of sustainable production. I. Principles of induced resistance]

Après avoir été longtemps dépendante des pesticides, l’agriculture mondiale est aujourd’hui frappée par un courant qui favorise des pratiques plus durables et plus respectueuses de l’environnement. Pour répondre à ces nouvelles exigences, les agriculteurs doivent se tourner vers l’exploitation et la rentabilisation des ressources naturelles par le biais de pratiques agricoles combinant la performance et la protection des cultures à un moindre coût écologique. Dans ce contexte, le développement de molécules biologiques capables de stimuler les défenses naturelles des végétaux (SDN) est une stratégie qui attire de plus en plus l’attention. Une molécule SDN est un éliciteur susceptible de déclencher une série d’évènements biochimiques menant à l’expression de la résistance chez la plante. La perception du signal par des récepteurs membranaires spécifiques et sa transduction par diverses voies de signalisation conduisent à la synthèse et à l’accumulation synchronisée de molécules défensives parmi lesquelles certaines jouent un rôle structural alors que d’autres exercent une fonction antimicrobienne directe. Les barrières structurales contribuent à retarder la progression de l’agent pathogène dans les tissus de la plante et à empêcher la diffusion de substances délétères telles des enzymes de dégradation des parois ou des toxines. Les mécanismes biochimiques incluent, entre autres, la synthèse de protéines de stress et d’inhibiteurs de protéases ainsi que la production de phytoalexines, des métabolites secondaires ayant un fort potentiel antimicrobien. Les progrès remarquables accomplis ces dernières années en termes de compréhension des mécanismes impliqués dans la résistance induite chez les plantes se traduisent aujourd’hui par la commercialisation d’un nombre de plus en plus important de SDN capables de stimuler le « système immunitaire » des plantes en mimant l’effet des agents pathogènes.

Mots clés : Agriculture durable, barrières structurales, éliciteur, inhibiteurs de protéase, perception du signal, phytoalexines, protection des plantes, protéines de stress, résistance induite végétale, SDN (stimulateurs des défenses naturelles des plantes), transduction du signal.

PHYTOPROTECTION 2012 (92) : 24 – 35

Stimulateurs des défenses naturelles des plantes : une nouvelle stratégie phytosanitaire dans un contexte d’écoproduction durable. II. Intérêt des SDN en protection des cultures
Nicole Benhamou and Patrice Rey
PHYTOPROTECTION 92 : 24-35

[Elicitors of natural plant defense mechanisms: a new management strategy in the context of sustainable production. II. Interest for SDN in crop protection]

Au cours des dernières décennies, les avancées spectaculaires de nos connaissances sur les mécanismes impliqués dans la résistance induite chez les plantes ont favorisé le développement d’initiatives visant à valoriser la stratégie de défense naturelle des plantes dans un contexte conjuguant la préservation de l’environnement et la production intensive de produits agricoles. Aujourd’hui, un nombre croissant de formulations contenant des stimulateurs des défenses naturelles (SDN) en tant que matière active arrive sur le marché et il est raisonnable de croire que de plus en plus de molécules inductrices de résistance seront disponibles dans un futur proche. Un SDN est une molécule biologique capable de déclencher les événements moléculaires, biochimiques et cytologiques menant à l’expression de la résistance chez une plante. Il s’agit donc d’une sorte de « vaccin » susceptible d’activer le « système immunitaire » de la plante de telle sorte qu’une plante initialement sensible à un agent pathogène devienne résistante. Si le chitosane est connu depuis plusieurs années, d’autres SDN d’origines variées ont récemment été découverts et certains d’entre eux ont été commercialisés. Tels sont les cas, par exemple, du Iodus40®, un polymère de ß-1,3-glucanes isolé d’une algue brune, du Messenger®, dont la matière active est un peptide bactérien, ou du Stifénia® qui contient des extraits de fenugrec, une légumineuse africaine. L’exploitation de la résistance induite en agriculture biologique ou en agriculture raisonnée (alternance entre la lutte biologique et la lutte chimique) est une stratégie qui offre de grandes promesses d’avenir, car elle est essentiellement fondée sur la stimulation des mécanismes naturels de défense des plantes. Il est cependant évident que des recherches sont encore nécessaires pour démontrer que cette approche 1) n’engendre aucun risque pour le consommateur (allergies ou autres désordres); 2) ne cause pas de baisses de rendement; 3) ne présente pas une trop grande variabilité en termes de performance; et 4) n’est pas trop onéreuse en comparaison avec une approche de lutte chimique.

Mots clés : Agriculture raisonnée, résistance induite, stimulateur des défenses naturelles (SDN).

PHYTOPROTECTION 2012 (92) : 39 – 43

Session spéciales - Espèces exotiques envahissantes
Various authors
PHYTOPROTECTION 92 : 39-43

[Special session - Invasive alien species]

Rotation des cultures pour la gestion du nématode doré Globodera rostochiensis au Québec
G. Bélair1 et L. Simard2. 1Agriculture et Agroalimentaire Canada, Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), Canada J3B 3E6; 2Syngenta Internationale AG, Bale, Suisse.
Les densités de Globodera rostochiensis ont été enregistrées dans les cultures suivantes : le maïs, le millet perlé, la moutarde (engrais vert), le soja, la morelle de Balbis et les pommes de terre résistantes cv. Andover et Tenace. En 2009, les densités moyennes de G. rostochiensis sur les pommes de terre sensibles étaient d’environ 50 et 200 oeufs viables g-1 de sol à Saint-Amable et Saint-Hyacinthe, respectivement. Sur le site de Saint-Amable (sol sableux) et après une seule année de rotation, les plus faibles densités ont été enregistrées sur la pomme de terre résistante cv. Andover. La moutarde enfouie a fourni un niveau de contrôle similaire à une culture non-hôte. Sur le site de Saint-Hyacinthe (sol organique), les plus faibles densités ont été enregistrées sur les pommes de terre résistantes. La morelle a fourni un niveau de contrôle similaire à la pomme de terre résistante. Le soja et le millet perlé ont permis de réduire les densités comparativement à une culture de pomme de terre sensible. À Saint-Hyacinthe, après 3 années d’une même culture, les densités de G. rostochiensis étaient inférieures au seuil de détection sur la pomme de terre résistante et la morelle. Le soja et le millet perlé ont réduit les densités par rapport à la pomme de terre sensible. Après 3 ans d’une culture non-hôte, les densités de G. rostochiensis étaient en dessous du seuil de nuisibilité de 5 oeufs viables g-1 de sol.


Crop rotation for the management of the golden nematode, Globodera rostochiensis, in Canada
G. Bélair1, L. Simard2 and B. Mimee1. 1Agriculture and Agri-Food Canada, Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), Canada J3B 3E6; 2Syngenta Internationale AG, Bale, Suisse.
The discovery of the golden nematode (Globodera rostochiensis) pathotype Ro1 in Québec strengthened the importance of developing and implementing good management strategies against this quarantine nematode to help Canadian potato growers face this new challenge. The declines of G. rostochiensis densities under the following crops were evaluated: corn, pearl millet, mustard (green manure), soybean, sticky nightshade and resistant potato cv. Andover. Two G. rostochiensis-infested experimental sites were selected, and a total of 600 microplots (1 m x 2 m) were established to conduct this research. At the Saint-Amable site (sandy soil), after 1 yr, the lowest densities of viable eggs were recorded in the resistant potato cv. Andover. Sticky nightshade provided a control similar to pearl millet, a non-host plant, but it was less efficient than corn. Plowed mustard provided a level of control similar to a non-host crop. At the Saint-Hyacinthe site (organic soil), after 1 yr, the lowest densities of viable eggs were recorded in the resistant potato cv. Andover and Tenace. Sticky nightshade provided a level of control similar to resistant potatoes. Corn, soybean and pearl millet provided a level of control similar to G. rostochiensis. On this experimental site, average G. rostochiensis density was approximately 50 viable eggs g-1 of soil. At the Saint-Hyacinthe site, G. rostochiensis density in resistant potato and sticky nightshade was below the

PHYTOPROTECTION 2012 (92) : 36 – 38

Symposium: Espèces exotiques et envahissantes : comment y faire face?
Various authors
PHYTOPROTECTION 92 : 36-38

[Symposium: Invasive alien species: how to face them?]

Risk assessment in Canada as applied to invasive plants
K. Allison,
Plant and Biotechnology Risk Assessment Unit, Canadian Food Inspection Agency,
Ottawa (Ontario), Canada K1A 0Y9

The Canadian Food Inspection Agency (CFIA) is the National Plant Protection Organization for Canada. The risk assessors of the Plant and Biotechnology Risk Assessment Unit use several tools to carry out preborder risk assessments on potential pests, including invasive plants. All of these tools follow the guidelines of the International Plant Protection Convention. This presentation will explain the CFIA’s role and responsibilities related to invasive species and go through some of the steps involved in a CFIA weed risk assessment. The important differences between pre-border and post-border risk assessment tools will be explained. The presentation will touch briefly on some of the issues related to risk management at the CFIA.

Les espèces exotiques envahissantes dans le cadre réglementaire de la protection des végétaux
J. Audette et S. Dagenais.
Agence canadienne d’inspection des aliments, division de la protection et biosécurité végétale,
Saint-Hyacinthe (Québec), Canada J2S 4Z4
Les espèces exotiques envahissantes représentent une menace sérieuse pour les secteurs agricoles, forestiers et horticoles et elles ont un impact économique important sur les coûts de production des aliments et des produits végétaux. Dans cette présentation, nous allons passer en revue, du point de vue international et national, les différents cadres réglementaires existants qui permettent de lutter contre l’introduction, la dispersion et l’éradication de ces ravageurs. À l’échelle internationale, la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) est un accord sur la santé des végétaux établi en 1952. Elle vise à protéger les plantes cultivées et sauvages en prévenant l’introduction et la dissémination des organismes nuisibles. La CIPV fournit un cadre international pour la protection des végétaux qui prévoit l’élaboration de normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP) destinées à préserver les ressources végétales. Au Canada, le cadre législatif est assuré par la Loi sur la protection des végétaux et le Règlement sur la protection des végétaux, et l’Agence canadienne d’inspection des aliments est chargée de les appliquer. La législation canadienne vise à empêcher l’importation, l’exportation et la propagation des ravageurs des végétaux et prévoit des moyens de lutte et d’éradication, le cas échéant.

Détecter les nouvelles plantes exotiques (et envahissantes) au Québec : un défi de plus en plus ardu
G. Guay, C. Lavoie, A. St-Louis et E. Groeneveld.

Si par le passé une foule de plantes ont été introduites en Amérique du Nord de manière accidentelle ou à des fins alimentaires, utilitaires ou médicinales, la tendance est de nos jours à l’introduction d’un nombre croissant de plantes ornementales. Si ces plantes se naturalisent (s’échappent des platesbandes), plusieurs risquent de devenir envahissantes. Il importe donc de les détecter tôt pour contrôler leur propagation, au besoin. Nous avons dressé la liste complète des plantes exotiques naturalisées au Québec (près de 900 espèces) et fait une recherche exhaustive des plus anciennes preuves de naturalisation. Nous avons comparé les tendances dans la naturalisation avec l’effort de récolte de spécimens d’herbier, un bon indicateur du travail des botanistes sur le terrain qui sont les premiers à détecter les plantes. On observe depuis les années 1980 un net déclin dans le nombre de plant

PHYTOPROTECTION 2012 (92) : 44 – 48

Résumés des communications
Various authors
PHYTOPROTECTION 92 : 44-48

[Paper session abstracts]

Effets antagonistes in vitro de microorganismes bactériens du sol envers Phytophthora infestans, l’agent de la brûlure tardive de la pomme de terre
P. Audy1, S.M. Boyetchko2, C. Le Floch-Fouéré3 et K. Sawchyn2. 1Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Québec (Québec), Canada G1V 2J3; 2Centre de recherches de Saskatoon, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Saskatoon (Saskatchewan), Canada S7N 0X2; 3Institut national de la recherche agronomique (INRA), Agrocampus Ouest, Rennes, France F-35042

La brûlure tardive de la pomme de terre (Solanum tuberosum L.), causée par Phytophthora infestans (Mont.) de Bary, est l’une des plus importantes maladies végétales, causant des pertes économiques et des coûts d’intervention estimés à près de 3 milliards $ annuellement. De nombreuses applications de pesticides en fonction de la pluviométrie et de la température sont nécessaires tout au long de la saison de croissance pour prévenir l’apparition et le développement de la maladie. Les défis environnementaux grandissants et la préférence de plus en plus marquée du public pour des denrées agricoles produites avec un minimum d’intrants chimiques sont des incitatifs significatifs pour le développement d’approches biologiques de lutte. Près de 50 isolats bactériens ont été évalués in vitro pour leur capacité d’inhibition envers chacun des deux types sexuels de P. infestans (A1 et A2). Plusieurs de ces isolats bactériens ont présenté divers degrés d’activité antifongique in vitro envers P. infestans, mesurés par la zone d’inhibition ou de suppression de la croissance mycélienne après 7 j en milieu de culture. Les meilleurs candidats bactériens ont été évalués dans un test in vivo consistant à tremper une feuille de pomme de terre dans une suspension bactérienne suivi, 24 h plus tard, d’une inoculation avec des zoospores de P. infestans. Le développement de symptômes de brûlure sur le feuillage a été mesuré 4, 5 et 6 j suivant l’inoculation. Les résultats préliminaires montrent que deux des isolats bactériens retardent la progression de la maladie causée par le type sexuel A1 de P. infestans alors que cinq isolats ralentissent le développement de symptômes occasionnés par le type sexuel A2. Ces résultats sont prometteurs considérant que les conditions utilisées pour le test avec les feuilles détachées favorisaient pleinement la progression du P. infestans au détriment des agents bactériens antagonistes. Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la formulation qui assurera la croissance et la survie des agents bactériens sur le feuillage.

Concentrations de pollen d’Ambrosia artemisifolia en milieu urbain et en zone agricole avoisinante
D.L. Benoit1 et M.-J. Simard2. 1Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherche et de développement en horticulture, Saint-Jeansur-Richelieu (Québec), Canada J3B 3E6; 2Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherche sur les sols et les grandes cultures, Québec (Québec), Canada G1V 2J3

Entre 2007 et 2010, les concentrations de pollen d’herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia) ont été mesurées dans des milieux urbains et des zones agricoles avoisinantes à Salaberry-de-Valleyfield (SdV) et Saint-Jean-sur-Richelieu (SJsR) pendant 12 j consécutifs en août. Un contrôle plus ciblé de l’herbe à poux a été effectué à SdV à partir de 20